Identité narrative: l'histoire que l'on se raconte

L'identité narrative influence ce qui compte comme preuve, mais une histoire plus précise vaut mieux qu'une histoire seulement positive.

Identité narrative: l'histoire que l'on se raconte visuel

L'identité narrative est l'histoire par laquelle une personne organise son passé, ses choix et ses possibilités. Cette histoire n'est pas toujours formulée clairement, mais elle influence ce qui paraît normal, impossible, mérité ou dangereux.

Dans Gollius, le travail sur le récit personnel ne consiste pas à inventer une version brillante de soi. Il consiste à rendre l'histoire plus précise, moins automatique et plus ouverte à l'action.

L'histoire choisit ce qui compte

Deux personnes peuvent vivre un événement semblable et en tirer des conclusions très différentes. L'une y voit une preuve d'incapacité; l'autre y voit un signal d'apprentissage, une limite ou un contexte mal choisi.

Le récit ne change pas les faits. Il change la manière dont les faits sont reliés. C'est pourquoi il peut soutenir la progression ou l'enfermer.

Une question simple aide: quelles preuves mon histoire actuelle ignore-t-elle ?

Précision plutôt que positivité

Remplacer « je rate tout » par « je suis exceptionnel » n'est pas forcément un progrès. Les deux phrases peuvent être trop globales.

Une version plus utile serait: « j'ai tendance à éviter les tâches visibles quand l'attente est floue; je peux réduire le premier pas et demander un critère plus clair ». Cette phrase n'est pas spectaculaire, mais elle rend l'action possible.

La précision protège contre deux erreurs: se condamner entièrement ou se raconter une victoire qui ne tient pas.

Ancien chapitre, prochain chapitre

Pour travailler le récit, choisis une situation qui se répète. Écris:

  1. l'ancien chapitre: ce que tu racontes d'habitude;
  2. les faits qui soutiennent ce récit;
  3. les faits qu'il oublie;
  4. le prochain chapitre: une action qui contredit légèrement l'ancien automatisme.

Le prochain chapitre doit être petit. Il ne doit pas nier l'histoire passée, seulement montrer qu'elle n'est pas toute la réalité.

Limites

Certaines histoires personnelles sont liées à des expériences difficiles. Les réécrire seul peut être insuffisant ou trop chargé. Dans ce cas, un soutien adapté peut être plus responsable qu'un exercice d'écriture.

Dans Gollius, l'identité narrative sert à reprendre du mouvement, pas à forcer une personne à transformer toute sa vie en récit inspirant.