Steven C. Hayes est une référence importante lorsqu’on parle d’Acceptance and Commitment Therapy, ou ACT. Pour Gollius, il ne s’agit pourtant ni d’un slogan ni d’une promesse de réparer rapidement une vie difficile. La question plus utile est la suivante : que devient une action quand l’inconfort n’est plus automatiquement traité comme un ordre de s’arrêter ? Hayes relie cette question aux valeurs, au langage et à des comportements observables. Cette page présente un cadre éducatif ; elle ne remplace ni évaluation individuelle, ni psychothérapie, ni aide de crise, ni soins médicaux.
Un chercheur et un champ de travail
L’Université du Nevada à Reno présente Steven C. Hayes comme professeur émérite et associe ses travaux à la théorie des cadres relationnels, aux sciences comportementales contextuelles et à l’ACT. Cette information institutionnelle est plus utile qu’un récit héroïque. Elle situe des idées dans un champ de recherche, avec des concepts, des discussions et des limites. Un article de 2023 signé par Hayes et ses collègues discute l’ACT, la flexibilité psychologique et le contextualisme fonctionnel dans le paysage plus large des thérapies cognitivo-comportementales.
Les deux sources doivent être lues comme des repères : le profil de l’Université du Nevada, Reno pour la fonction et le contexte de recherche, et l’article académique dans PubMed Central pour la discussion scientifique. Elles ne constituent pas une consigne individuelle.
Pour une lecture quotidienne, la conséquence est simple : ces idées ont une histoire et un cadre spécialisé. Elles ne deviennent pas automatiquement une solution universelle. On peut emprunter un outil de réflexion sans le confondre avec une décision de traitement.
Le noyau de l’ACT
L’ACT s’intéresse à la flexibilité psychologique. Cela ne signifie pas rester calme en permanence, produire des pensées positives ou faire disparaître une émotion pénible. Il s’agit plutôt de remarquer ce qui est présent, de rester en contact avec une situation et de choisir malgré cela une action reliée à une valeur importante. L’acceptation ne veut donc pas dire approbation. Elle peut consister à ne pas ajouter une lutte interminable à une expérience déjà inconfortable.
L’engagement n’est pas non plus une injonction à tout supporter. C’est le retour répété vers une direction choisie. Cette idée est utile à Gollius parce qu’une direction ne devient concrète que lorsqu’elle se traduit en gestes modestes et vérifiables.
Les pensées ne donnent pas toujours l’ordre
Certaines phrases intérieures arrivent avec l’autorité d’un fait : « Je ne suis pas prêt », « Cela sera humiliant », « Je ne peux pas commencer aujourd’hui ». Le travail de Hayes invite à remarquer la forme de ces phrases sans devoir immédiatement les contredire. La distance ne vient pas d’un mensonge à soi-même, mais d’une distinction sobre : une pensée est un événement mental ; elle n’est pas forcément l’instruction qui doit décider du comportement suivant.
Avant une conversation, par exemple, une personne peut sentir de la nervosité et préparer tout de même un message clair. La nervosité n’a pas besoin de disparaître pour que le message soit envoyé. Le message n’a pas besoin de réussir parfaitement pour constituer une action cohérente. L’essentiel est de pouvoir ensuite l’examiner honnêtement.
Les valeurs indiquent une direction
Dans l’ACT, les valeurs sont souvent mal comprises. Elles ne sont pas une liste à compléter, ni un classement moral des personnes. Une valeur comme la fiabilité, la curiosité ou le soin décrit une manière d’agir. Un objectif, lui, peut être atteint ou manqué. Cette différence protège d’une erreur fréquente : manquer un objectif ne signifie pas nécessairement abandonner la direction.
Quelqu’un qui valorise la fiabilité peut répondre clairement après avoir raté une échéance. Quelqu’un qui valorise l’apprentissage peut poser une question même sans réponse parfaite. Ces gestes sont assez petits pour être réels. Ils ne prouvent pas une nouvelle identité ; ils fournissent plutôt une matière concrète pour la revue suivante.
Une expérience courte et limitée
Une application non clinique peut prendre la forme d’une expérience d’une semaine. Choisis une situation ordinaire et d’enjeu modéré : commencer un courriel repoussé, consacrer dix minutes à une tâche, ou dire non à un ajout mineur. Nomme ensuite la réaction qui apparaît. Formule une valeur sous la forme d’un verbe, par exemple « communiquer clairement » ou « commencer avec soin ». Enfin, définis une action possible en dix ou quinze minutes.
Après l’action, évite le jugement global sur toi-même. Note plutôt la situation, la réaction présente, le geste réalisé et ce qui pourrait être plus petit ou plus clair la fois suivante. Ce protocole empêche que l’ACT devienne une belle formulation sans boucle de retour.
Les limites doivent rester visibles
L’acceptation ne doit jamais servir à demander à quelqu’un d’endurer une violence, un danger, une surcharge ou une atteinte à ses limites. Chercher du soutien, prendre une pause, demander des précisions ou poser une frontière peuvent également être des actions guidées par des valeurs. En cas de danger immédiat, d’idées suicidaires, de violence, de crise psychique ou de symptômes médicaux inquiétants, il faut contacter les services d’urgence locaux ou une aide professionnelle adaptée. Un article en ligne ne remplace pas cette aide.
Même dans une situation ordinaire, toute réaction difficile n’est pas seulement un obstacle à franchir. Elle peut signaler un manque d’information, une condition injuste ou une étape trop grande. La question utile n’est pas « Comment supporter davantage ? », mais « Quelle action responsable correspond ici au contexte ? »
Erreurs de lecture fréquentes
Une première erreur transforme l’acceptation en passivité. Une deuxième transforme les valeurs en nouveau motif d’autocritique. Toutes deux perdent le regard fonctionnel important chez Hayes : que se passe-t-il, à quoi sert ce comportement, et quelle alternative pourrait être plus utile dans ces conditions ? Une troisième erreur transforme l’ACT en garantie de bien-être. Les sources citées situent un travail scientifique ; elles ne promettent aucun résultat particulier pour une personne donnée.
Une formulation hypothétique aide à rester prudent. « Cette petite action peut peut-être m’aider » est plus honnête que « Cela résoudra mon problème ». « Je peux remarquer ma peur » est différent de « Ma peur ne compte pas ». Ces nuances maintiennent à la fois une possibilité d’agir et le respect de ce qui est vécu.
Repères dans l’atlas Gollius
Pour élargir le cadre, consulte les fondations Gollius, la conscience de soi, les objectifs et la résilience et régulation émotionnelle. Ces pages aident à ne pas séparer les valeurs de la situation, des relations ou des décisions réelles. La productivité et le focus et les habitudes peuvent aussi aider à traduire une direction en environnement, créneau de temps et répétition.
Ces liens ne forment ni une prescription de lecture ni une recommandation thérapeutique. Ils proposent simplement des repères pour examiner une expérience courte sans transformer une seule méthode en explication totale.
Une question de clôture critique
Steven C. Hayes est lu de manière féconde lorsqu’une idée abstraite devient une action limitée et ajustable. Cette action peut être discrète. Elle n’a pas à prouver que quelqu’un est courageux, guéri ou définitivement transformé. Il suffit qu’elle rende une direction choisie visible dans des conditions réelles.
La question qui suit reste pratique : ce geste a-t-il créé plus de clarté, ou seulement davantage de pression ? S’il ne convient pas, l’étape suivante peut être réduite, la valeur peut être formulée plus précisément ou le contexte peut être réévalué. Cette capacité de correction vaut souvent davantage qu’une grande formule de développement personnel.